Le baroud d’honneur de l’Amérique blanche (« Chronik »)

Article publié sur Chronik.fr, le 5/09/17

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A Ku Klux Klan parade in the nation’s Capitol, Washington DC, September 13, 1926. (Photo by Underwood Archives/Getty Images)

 

Charlottesville, shérif Arpaio, symboles de l’esclavagisme… Trump légitime chaque jour un peu plus le racisme et creuse sciemment les divisions de la société américaine.

Les suprémacistes blancs ne s’en cachent pas : ils ont en horreur le multiculturalisme et les mouvements anti-racistes sont leurs ennemis. Nostalgiques d’une Amérique blanche mythifiée, ils ne supportent pas l’idée que dans 30 ans, les populations originaires d’Amérique du Sud et d’Asie soient plus nombreuses que les Blancs dits « caucasiens » (d’origine européenne) aux États-Unis. Ainsi que l’explique l’un des leaders de l’Alt-Right, Richard Spencer, dans une interview accordée au Journal du dimanche du 27 août dernier, « ce que nous voyons aujourd’hui, c’est une nation postblanche », défendue par les « gauchistes ». Pour lui, les Blancs « subiss[ent] une humiliation chaque jour, une sorte de mort spirituelle. Nous nous diluons dans les mariages mixtes, par exemple ». Il prône la mise en place d’un « État blanc », qui est pour lui « une idée visionnaire ».

Pour Spencer et ses partisans, l’élection de Donald Trump a été un soulagement, après huit ans de présidence Obama. Un Noir à la Maison blanche constituait une aberration et une profonde angoisse pour ces mouvements racistes qui, sur leurs sites, les réseaux sociaux et par la voix d’un ancien leader du Ku Klux Klan, David Duke, avaient ouvertement soutenu Trump pendant la campagne.

En août 2017, l’épisode de Charlottesville et la polémique sur les quelque 1 500 statues de généraux esclavagistes qui trônent encore dans les rues de certains États du Sud Est du pays ont relancé la guerre identitaire des suprémacistes, que le Président a lui aussi fait sienne. Entre le 12 août – jour des violences à Charlottesville, en Virginie – et le 22 août – date de son meeting à Phoenix, en Arizona -, Trump a alterné les déclarations controversées, parfois contradictoires pour finalement s’en tenir à une non-dénonciation des suprémacistes blancs et de la violence raciste.

Le 14 août, il n’a pas aimé lire sur un prompteur, à la Maison blanche, le communiqué préparé par ses conseillers en communication et qualifiant le racisme de « mal ». Le « vrai » Trump, c’est celui qui s’est exprimé le lendemain devant les journalistes, chez lui, à la Trump Tower, de manière faussement improvisée. Pour lui, « la violence est condamnable des deux côtés ». Néo-nazis et Ku Klux Klan, d’une part, et militants anti-racistes, d’autre part, sont donc équivalents. Il y a « des gens bien » de part et d’autre, a-t-il estimé. La mort d’Heather Heyer, une militante des droits civiques de 32 ans, tuée par une voiture vraisemblablement conduite par un néo-nazi de 20 ans inculpé de meurtre, ne semble pas particulièrement l’émouvoir.

Le « vrai » Trump, c’est aussi celui qui était en meeting à Phoenix, le 22 août, devant ses supporters, dans le cadre de la campagne pour sa réélection en 2020. Trump n’a pas admis les critiques ouvertes qui lui ont été faites par les grands médias et plusieurs membres de ses conseils économiques – qu’il a dissous depuis – et sans doute pas non plus les reproches implicites de leaders républicains – peu connus par ailleurs pour leur modération et leur proximité avec les défenseurs des droits civiques (Mitch McConnell, Paul Ryan, Ted Cruz, etc.) – et plus récemment le secrétaire d’État, Rex Tillerson.

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© Photo : WikiCommons

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