Le fossé se creuse entre Trump et le parti républicain (« Chronik »)

Article publié sur Chronik.fr, le 4/09/17

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Aux États-Unis, le Président Trump et les élus républicains ne peuvent plus masquer les désaccords qui les opposent et qui freinent les projets de réformes économiques, sociales et fiscales. Trump et le Congrès dépendent cependant étroitement l’un de l’autre.

Les divergences entre Donald Trump et le Grand Old Party n’ont jamais cessé depuis la campagne électorale de 2016. Ironie du sort, c’est en partie à cause des fortes divisions qui sont à l’œuvre au sein du parti depuis plus de 10 ans – et que le Tea Party avait révélées entre 2009 et 2014, occasionnant un blocage des institutions fin 2013 – que Trump a été élu. L’an passé, les primaires avaient été le symptôme de ces divisions puisque, sans compter Trump, pas moins de 11 candidats s’étaient présentés à l’investiture républicaine. Rapidement, la configuration était devenue celle-ci : Trump contre les autres. Seul contre tous, un argument qui a fait mouche.

Jusqu’au jour de l’élection, le 8 novembre dernier, les rumeurs ont couru que les responsables du parti cherchaient à imposer un autre candidat face à Hillary Clinton. Bien mal leur en aurait pris, Donald Trump l’ayant emporté. Victoire empoisonnée ? La défiance entre l’actuel Président américain et le parti républicain ne s’est pas démentie. Elle n’a aujourd’hui jamais été plus grande. Les soupçons d’ingérence russe dans l’élection, l’image désastreuse des États-Unis à l’international, la méconnaissance par le Président du fonctionnement des institutions pour ne pas dire son amateurisme, sans parler de son autoritarisme, de ses provocations et de son goût pour les « fake news »exaspèrent les leaders et les élus républicains.

Trump entretient une relation extrêmement difficile avec les deux chambres – à majorité républicaine. Or, l’échec du vote d’une nouvelle loi santé affaiblit non seulement le Président mais aussi les élus conservateurs qui, depuis 2010, rêvent de mettre à mal la réforme emblématique du précédent Président – ce que Trump ne manque pas de leur rappeler. Il est vrai qu’un statu quo sur l’Obamacare serait un échec cuisant pour les Républicains.

De plus, Trump ne cache pas son souhait de faire en tous points le contraire d’Obama. Cependant, malgré un teasing présidentiel promettant, depuis des mois, le remplacement en quelques semaines de l’Obamacare pour un système « plus efficace et plus juste », selon les mots du Président, aucun projet de loi n’a pour l’heure abouti, faut de consensus entre la Chambre et le Sénat ou au sein même du Sénat.

Des réformes impossibles ?

Furieux, Trump a exigé du Congrès fin juillet qu’il vote purement et simplement la suppression de l’Obamacare et prenne le temps d’élaborer une nouvelle loi pour la remplacer, quitte à laisser pendant des mois, voire des années des dizaines de millions d’Américains sans assurance. Une décision « irresponsable » et « cynique », selon le Washington Post, tant elle méprise l’intérêt général comme les conditions de vie des plus modestes et de la petite classe moyenne – dont on rappelle qu’elle a, dans des proportions inédites dans l’histoire contemporaine des États-Unis, voté pour Trump. Selon John Cassidy du New Yorker, le président ne se préoccupe que de servir ses intérêts personnels et son amour propre, ainsi qu’il l’a toujours fait dans ses affaires.

Depuis qu’il est en fonction, Trump a sous-estimé l’importance du travail avec les parlementaires, qui est long, complexe, surtout dans une famille politique où les modérés côtoient les ultras.

Décision stupéfiante également car elle démontre que, depuis qu’il est en fonction, Trump a sous-estimé l’importance du travail avec les parlementaires, qui est long, complexe, surtout dans une famille politique où les modérés côtoient les ultras. Pour les premiers, il est suicidaire de revenir sur l’extension de Medicaid, permise par l’Obamacare et qui a donné une assurance santé à 14 millions d’Américains pauvres – cette version de la réforme, baptisée « Trumpcare », est d’ailleurs très impopulaire chez les électeurs républicains.

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© Photo : Flickr

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