L’éducation par le sport, au cœur de Paris 2024 (« Chronik »)

Article publié sur Chronik.f, le 16/11/17

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L’« Héritage » des Jeux de Paris 2024 a déjà placé l’éducation au centre de son projet sportif. Au-delà, à l’heure de l’intelligence artificielle et des bouleversements du rapport au savoir, toute une réflexion sur la reconnaissance, dès l’enfance, des compétences formelles et informelles acquises grâce au sport devra s’engager.

L’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) de 2024 est l’occasion de voir le sport au-delà du sport, autrement dit hors de la stricte compétition sportive. Pour les sciences sociales, le sport constitue un point d’entrée original de l’analyse de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la lutte contre les discriminations liées à l’origine ou à l’orientation sexuelle, mais aussi des enjeux éducatifs de notre pays, aujourd’hui et de manière prospective. Pour le politique, mettre le sport, sujet transpartisan et transversal s’il en est, sur l’agenda est un moyen de rompre avec l’action publique en silos. C’est primordial dans le champ de l’éducation et de la formation.

Depuis quelques mois, les ouvrages, travaux de recherche et articles de presse se multiplient qui annoncent que le nombre et la diversité des savoir-faire des machines dotées d’une intelligence artificielle sont bien plus considérables que l’on avait pu imaginer. La collecte de données, qui alimentent les algorithmes des robots, est susceptible de les rendre plus performants, non seulement que des hôte(esse)s de caisse dans les supermarchés, mais aussi que des chirurgien(ne)s, des radiologues ou encore des avocat(e)s.

« UNE SOCIÉTÉ DE COMPÉTENCES » IMPLIQUANT FORTEMENT LE SPORT

Dès lors, dans un monde professionnel où, moins que jamais, les métiers d’aujourd’hui seront ceux de demain, comment acquérir, mais aussi savoir qu’on l’on a acquis, et faire valoir, continuellement, de nouvelles compétences ? Or, nous ne sommes pas égaux face à la formation continue, à l’accès au savoir, à l’adaptation nécessaire au changement. Le sport, que l’on parle de pratiques ou d’engagement bénévole, est une fois encore un terreau de réflexion et d’inspiration particulièrement fertile pour le chercheur et le décideur. C’est d’autant plus vrai que toutes les générations, les femmes et les hommes, les individus valides comme les personnes en situation de handicap ou souffrant de pathologies sont concernés.

En soi, le sport n’est ni positif, ni négatif. C’est ce que l’on choisit d’en faire qui est décisif.

Le sport, s’il est bien encadré, s’il est bien enseigné, transmet des compétences humaines de tolérance, d’empathie, de respect de l’autre et de soi-même, d’invention de soi. Il transmet tout simplement des émotions et des savoir-être que les machines ne sont pas capables de reproduire. S’il est mal encadré ou mal enseigné, ce sont au contraire des habitudes de violences verbales, physiques ou symboliques qui peuvent prendre l’ascendant. En soi, le sport n’est ni positif, ni négatif. C’est ce que l’on choisit d’en faire qui est décisif. La responsabilité politique est donc grande. Si un tel volontarisme existe, les politiques publiques peuvent agir pour que le sport soit un levier de changement social vertueux. Souhaitons que ce soit le leitmotiv de la future loi olympique, présentée le 15 novembre par la ministre des Sports, Laura Flessel, en conseil des ministres.

La partie « Héritage » du projet de Paris 2024 propose d’appréhender le sport comme un sujet de société global. Elle concerne les retombées, matérielles et immatérielles, des Jeux. Or celles-ci vont de pair : le sociétal n’est pas séparé de l’économique. Les arguments consistant à dire qu’il s’agit de régler le chômage avant que de se pencher sur les enjeux de société comme les inégalités socio-économiques ou culturelles, et les discriminations liées au genre ou à l’origine, sont spécieux, dépassés, défaitistes.

Pour la jeunesse en particulier, et notamment la jeunesse populaire, qu’elle vive dans les banlieues défavorisées, le monde rural ou en centre-ville, le but est de faire du sport un moyen d’éducation et de formation pour tou(te)s, sans perdre de vue l’épanouissement de chacun(e). Cette « Génération 2024 », chez les athlètes en devenir comme chez les autres enfants et adolescents, le sport lui fait, avec les JOP, une promesse d’émancipation et d’égalité qu’il va devoir tenir. Quels leviers, quelles bonnes pratiques, quelles expérimentations et quelles évaluations vont être retenus ?

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