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INTERVIEW. « Le féminisme ne doit pas être instrumentalisé par les pourfendeurs du multiculturalisme », pour « Le Muslim Post »

10 juin 2017 admin 0

Interview réalisée par Frédéric Geldhof et publiée le 1/06/17 dans « Le Muslim Post ».

Marie-Cécile Naves, chercheuse associée à l’IRIS, vice-présidente de Sport et citoyenneté, coresponsable du blog Politique(s) et auteure de plusieurs ouvrages sur les discriminations et les USA, revient sur les affaires qui ont agité les médias ces derniers jours, du festival afroféministe Mwasi au quartier La Chapelle-Pajol, en passant par la parité femmes-hommes en politique.

LeMuslimPost : Il y a quelques mois, dans « The Conversation », vous avez publié un article intitulé : « Dans sa lutte contre le sexisme, le sport doit éviter le piège identitaire ». L’obsession identitaire touche tous les domaines aujourd’hui ?
Marie-Cécile Naves : Le sport, la culture, la politique, tout ce qui concerne la vie en commun est aujourd’hui investi par une obsession identitaire, décrite notamment par Béligh Nabli dans « La République identitaire » (Cerf, 2016), venue de l’extrême droite et relayée sur l’ensemble de l’échiquier politique et par une partie du monde associatif qui reste sur des représentations « old school » de la société française. Cela se manifeste par une instrumentalisation de la république, de la laïcité et des droits des femmes, à des fins de racisme anti-Arabes et antimusulmans, mais aussi anti-Noirs.

On sait depuis les années 1970 qu’il y a plusieurs courants féministes, et ceux-ci se renouvellent, évoluent. Aujourd’hui, un féminisme blanc, de dominant(e)s, à prétention universelle mais qui méconnaît l’intersectionnalité, se fait parfois complice de ceux qui dénoncent une « insécurité culturelle » de la France, en gros le multiculturalisme — lequel n’est pas une idéologie mais une réalité sociale.

Stigmatiser le sexisme (ou l’homophobie) des musulmans ou des Africains présente un autre avantage : se dédouaner de ses propres pratiques, dans une confrontation « Nous » (les civilisés, les laïcs, les Blancs) versus « Eux » (les sauvages, par nature violents avec les femmes qu’ils voilent, violent, marient de force). On l’a vu avec l’attentat d’Orlando aux Etats-Unis, lorsque Trump vante la tolérance de l’Amérique vis-à-vis des femmes et des homosexuels, alors que toute la politique des Républicains et de Trump lui-même prouve le contraire. On le voit aussi en France.

« Il faut éviter le face-à-face, la rivalité entre l’anti-sexisme et l’antiracisme »

On a beaucoup parlé du festival Mwasi, qui a fait polémique avec ses ateliers non mixtes. Qu’en pensez-vous ?

La non-mixité dans les événements militants a toujours existé. On peut la déplorer par principe, mais c’est un mode de mobilisation ancien ; de plus, son ampleur est minime par rapport à la non-mixité, souvent délibérée et au mieux négligée dans le monde politique — on rappelle que Les Républicains ont payé 12 millions d’euros d’amende pour non respect de la parité entre 2007 et 2012. Le Conseil de Paris est blanc, l’Assemblée nationale, jusqu’ici du moins, est blanche (et masculine), etc.

Porte de La Chapelle, café de Sevran, agressions sexuelles de Cologne, etc. On a l’impression que les problèmes de sexisme ne concernent aujourd’hui que les Français d’origine étrangère. C’est en tout cas comme ça qu’on nous les présente…

C’est exactement cela et on observe que, à chaque fois, la polémique est lancée par l’extrême droite. Cette dernière a gagné du terrain dans les esprits, dans le sens où elle est parvenue, en un peu plus de 30 ans, à imposer ses thèmes de la peur de l’Autre, de la nostalgie d’une France judéo-chrétienne et blanche — mais aussi patriarcale, et c’est d’ailleurs stupéfiant que certain(e)s ne le voient pas —, d’une société mythifiée, fermée sur elle-même, endogame. Comme l’expliquent Régis Meyran et Laurence De Cock, on a affaire à un phénomène de « paniques identitaires » (livre éponyme, Ed. du croquant, 2017).

Le café de Sevran, le quartier de La Chapelle, le burkini, etc. Certains journalistes et hommes (et femmes) politiques ne voient pas le piège des imprécisions et des généralités, et ont la contestation sélective. Lorsqu’il y a des contre-enquêtes, comme celle du Bondy Blog, elles sont très peu relayées, ce qui met au jour la stratégie de stigmatisation initiale. Pour moi, c’est un phénomène typique de « fake news » : des informations non pas nécessairement fausses — le harcèlement de rue est une réalité — mais exagérées et déformées, et faisant appel à l’affect, au ressenti, aux préjugés, jouant sur le mimétisme médiatique ou des réseaux sociaux et n’attendant pas la vérification des faits.

C’est un phénomène de rumeur bien connu, avec la stigmatisation d’un groupe. Autrefois les juifs (cf. la rumeur d’Orléans et la « traite des Blanches »), aujourd’hui les minorités dites visibles et en particulier les musulmans et les migrants. La structuration du discours reste la même : désigner des boucs-émissaires — « sauvages », prétendument peu civilisés, ou cupides dans le cas des juifs autrefois — à la violence contre les femmes — par essence fragiles et victimes, qui voudraient mettre en péril la cohésion sociale. Or c’est bien plutôt ces dénonciateurs zélés, relais du racisme, qui fragilisent le lien social, souvent à dessein.

Certains sont en effet rapidement enclins à dénoncer certaines formes de sexisme, mais beaucoup plus indulgents avec d’autres discriminations et inégalités entre les femmes et les hommes. L’Islam est présenté comme « le » terrain du sexisme. Comme le rappelle Eric Fassin, la chose n’est pas nouvelle, que l’on pense à la période coloniale ou aux diverses polémiques sur le voile, les « tournantes » ou les mariages forcés, depuis la fin des années 1980. Mais le phénomène a pris de l’ampleur et peut s’embraser à tout moment.

On attendrait un Alain Finkielkraut ou une Céline Pina plus zélés pour dénoncer le sexisme des Blancs. Le Front national n’a voté aucun des textes en faveur de l’égalité femmes-hommes au parlement européen. L’opposition systématique de l’UMP aux politiques d’égalité filles-garçons à l’Ecole, du fait d’une ignorance complète du concept scientifique de genre et à cause du fanatisme de Sens commun et autres Manif pour tous, font que personne n’est dupe de cet intérêt soudain pour les droits des femmes. Les violences sexuées et sexuelles intra-familiales, intra-culturelles et intra-professionnelles touchent tous les milieux, comme l’a utilement rappelé la grande enquête Virage de l’INED, publiée le 25 novembre dernier.

Il existe donc un racisme qui « sert de marchepied à la thèse antiféministe de la disparition du patriarcat », comme le dit Christine Delphy. Il faut éviter le face-à-face, la rivalité entre l’anti-sexisme et l’antiracisme, et faire l’effort de penser les deux en même temps. C’est une exigence intellectuelle indispensable à l’époque des « fake news » et des « alternative facts ». C’est une responsabilité démocratique que de faire confiance aux travaux de sciences sociales pour nous aider à comprendre la réalité sociale.

« Le féminisme laïciste condamne dans une même logique le port du voile et les femmes qui se voilent. C’est un réflexe issu de la colonisation »

Le Monde explique, comme vous l’avez tweeté, que l’attentat de Manchester était « un acte terroriste visant explicitement les femmes. » Pourquoi le discours ambiant que vous dénoncez — qui est de dire que « le sexisme, c’est les musulmans » — est-il dangereux ?

La réponse est dans la question : c’est un autre biais pour disqualifier le droit des musulmans (réels ou supposés) à vivre en France, au prétexte qu’ils ne respecteraient pas « nos » valeurs (mais encore une fois, si le sexisme était étranger à l’ensemble des non-musulmans français, cela se saurait).

On a vu des femmes du 18e arrondissement de Paris dénoncer « l’instrumentalisation du féminisme à des fins racistes et anti-pauvres, sur fond de campagne électorale. » On a aujourd’hui effectivement cette impression que des féministes dénoncent le sexisme avec pour seul objectif de viser l’Islam… Un féminisme à deux vitesses ?

« A deux vitesses », oui parce qu’il existe un féminisme des dominantes, qui estiment incarner à elles seules la défense des droits des femmes, mais oublient — ou refusent de voir — la complexité du réel, ou bien n’acceptent pas que d’autres voix que la leur se fassent entendre. Pour certaines, parler d’un féminisme musulman est un non-sens. Or cela existe. Mais mettre au jour le discours islamophobe ambiant fait souvent de vous un complice du relativisme culturel, pire : d’un communautarisme musulman, forcément négatif.

On voit, d’ailleurs, depuis plusieurs mois une véritable chasse à la femme voilée sur les réseaux sociaux de la part de personnes se disant féministes et athées, qui estiment que le voile est forcément symbole d’oppression ou de soumission…

En effet, le féminisme laïciste condamne dans une même logique le port du voile et les femmes qui se voilent. C’est un réflexe issu de la colonisation. Or, il faut à tout prix éviter cette confusion : on porte un voile pour des motivations extrêmement diverses. Par exemple, porter un voile à l’adolescence peut être un acte de rébellion contre la société ou d’affirmation de soi, comme on pouvait être gothique ou punk, et pas du tout un acte religieux. Malheureusement, les femmes voilées ont rarement la parole. On parle à leur place. Elles sont considérées comme victimes mais on les infantilise en ne les écoutant pas, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes. L’émancipation ne fonctionne pas ainsi.

« Les hommes doivent prendre conscience que l’égalité a beaucoup à leur apporter »

Finalement, aujourd’hui, on se sert de deux notions nobles (féminisme et laïcité) pour masquer des pensées racistes ?

Oui. C’est une instrumentalisation, qui dessert la lutte pour l’égalité femmes-hommes et la laïcité dans son sens littéral et juridique, ce que l’Observatoire de la laïcité ne cesse de rappeler, avec justesse et pédagogie.

Le sexisme, on l’a vécu pendant toute la campagne présidentielle avec les blagues de mauvais goût sur Brigitte Macron. La France est-elle profondément sexiste ?

Le sexisme n’est pas propre à la France mais il est très toléré, sous couvert d’humour, de tradition « potache. » Le sexisme est une réalité quotidienne pour beaucoup de femmes, dans le travail, dans la rue, et bien sûr dans le cercle privé. Mais il est souvent insidieux, il prend rarement la forme d’insultes. On ne vous écoute pas quand vous prenez la parole dans un colloque (lorsqu’on vous invite), les hommes vous coupent la parole dans les médias, vous subissez des remarques sur votre physique ou sur le physique des autres femmes. Vous devez toujours prouvez que vous êtes légitime. Les femmes ont un accès plus difficile au monde de l’édition, à un prêt bancaire pour monter une entreprise, etc. C’est incessant.

Cependant, avec l’arrivée d’Emmanuel Macron, on a l’impression que l’égalité femmes-hommes est en progrès. Avant, les partis ne respectant pas la parité préféraient payer des amendes…

Le gouvernement est paritaire mais pas les cabinets ministériels (et de loin). En cela, rien ne change par rapport à avant. Je reste néanmoins optimiste pour la suite car ce type de situation est de plus en plus dénoncée comme inacceptable. Cela se voit trop. Et qu’on ne vienne pas dire que le vivier de femmes qualifiées n’existe pas.

A-t-on des leçons à aller chercher à l’étranger, comme en Suède ?

Oui sans doute pour la conciliation vie personnelle/vie professionnelle, où l’on a rompu avec le présentéisme et où s’occuper de soi et de sa famille, pour un homme, n’est pas honteux, n’est pas un signe de faiblesse.

Est-on aujourd’hui en progression ou en régression, en ce qui concerne l’égalité femmes-hommes ?

On progresse mais lentement. L’inégalité en termes de carrière et de salaires est pour beaucoup due au fait que les femmes gèrent encore 80 % des tâches et du temps parental et domestique. Les hommes doivent prendre conscience que l’égalité a beaucoup à leur apporter parce qu’ils sont eux aussi prisonniers des les stéréotypes de genre. En ce sens, le travail de l’équipe de « Happy Men » est intéressant. Ainsi, le présentéisme au travail obéit à une logique patriarcale, qui ne convient pas à tous les hommes, loin s’en faut.

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Interviewée par ORF (Radio-télévision autrichienne) sur Jeanne d’Arc et le Front National, le 24 avril 2015

24 avril 2015 admin 0

Le 24 avril 2015, j’ai été interviewée par une journaliste d’ORF (Radio-télévision autrichienne) sur la récupération du mythe de Jeanne d’Arc par le Front National. Nous sommes revenues sur l’histoire du FN et j’ai expliqué que l’extrême droite française instrumentalisait – plus que les autres partis – certaines mythologies nationales pour se les réapproprier, et ce, depuis le XIXe siècle. Jeanne d’Arc en fait partie, tant elle représente symboliquement, à la fois, la résistance à l’envahisseur (hier, anglais, aujourd’hui musulman, arabe, (nord-)africain et, jusqu’à la deuxième guerre mondiale, juif – dans l’imaginaire du FN, cela s’entend -) ; le sacrifice (Jeanne d’Arc s’est donnée au roi et à Dieu pour « sauver la France ») ; la pureté (la virginité de « Jeanne la pucelle » figurant la préservation de la France « intacte », autrement dit blanche, catholique, coupée des « intrus »). D’autres aspects de sa vie (et des circonstances de son martyre) sont occultés.

Par ailleurs, l’organisation de la célébration de Jeanne d’Arc, le 1er mai, est une façon, pour le Front National, de voler un peu la vedette aux défilés des syndicats : le parti des Le Pen sait qu’il attirera la lumière médiatique. Sans doute, également, ce rassemblement a-t-il plus vocation à réaffirmer l’unité interne du parti et à mobiliser les militants qu’à séduire de nouveaux électeurs.

Le FN s’efforce de manier des symboles différents, voire contradictoires : la tentative de hold-up sur le principe de laïcité et sur la République est, a priori, pour le moins contradictoire avec la référence à la Jeanne d’Arc pieuse et vouée à Dieu et à la monarchie. Néanmoins, la conception frontiste de la laïcité est exclusive (et non pas inclusive, pacifiste comme dans la loi de 1905) ; elle ne tolère que le catholicisme, « racine » de la France, selon le FN.

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L’exclusion et le repli sur soi ont un coût

12 février 2015 admin 0

En choisissant de renouer avec la vieille rhétorique de l’assimilation que l’on pensait définitivement enterrée, en la préférant à un concept pourtant lui-même vidé de sens, « l’intégration », Nicolas Sarkozy a incarné, le 7 février 2015, à la Mutualité, le refus d’un monde qui change, inéluctablement.

La société française est porteuse de richesses précisément par le pluralisme ou plutôt les pluralismes qui la traversent. Ce n’est pas un vain mot, ce n’est pas un vœu pieu moralisateur, c’est une réalité concrète. Mais parce que certains s’obstinent à ne pas le voir, c’est autant de cohésion sociale gaspillée, et c’est aussi un coût économique considérable. Continuer à laisser penser que les immigrés, ainsi que leurs enfants et petits-enfants, français, nés et socialisés en France, sont a priori un problème participe, bien plus qu’on ne le croit, de la défiance généralisée qui nous mine. Non seulement à l’intérieur de nos frontières, mais aussi à l’international : un pays qui ne se fait pas confiance, qui ne fait pas confiance à sa population, ne suscite pas la confiance des autres.

Les travaux internationaux sur le coût que les inégalités font peser sur la croissance se multiplient. Sur les plans économique comme sociétal, les pratiques et les discours discriminatoires occasionnent une dynamique négative faite de peurs, de haine, ou a minima de préjugés et de méconnaissances, qui se traduit par le renoncement à des compétences et des intelligences. Les discriminations ne sont une bonne affaire pour personne.

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Interviewée pour « Lyon Capitale » sur les militantes d’extrême droite

3 novembre 2014 admin 0

Le magazine Lyon Capitale consacrait une enquête, réalisée par Mathieu Martinière et Daphné Gastaldi, sur les femmes engagées dans les mouvements d’extrême droite en France – et notamment à Lyon, pour laquelle ils m’ont interviewée.

« Antigones », « Caryatides » (issues de l’« Œuvre Française ») et autres militantes de la Manif Pour Tous ou du Bloc Identitaire prétendent inventer un militantisme spécifiquement féminin. Comme je l’explique dans l’interview, ces mouvements sont profondément antiféministes, bien qu’ils mettent parfois en avant un nouveau type de féminisme. Néanmoins, en vantent la complémentarité (naturelle) des sexes, en glorifiant – habitus oblige – le rôle de mère et d’épouse, en s’accommodant de l’inégalité hommes-femmes, voire en la défendant, ces femmes se situent à l’opposé de l’idée d’émancipation, ce qui en fait les complices consentantes du patriarcat – caractéristique profonde de l’extrême droite depuis le XIXe siècle.

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Interviewée par « Slate » sur les « collectifs » de citoyens du Front National

7 septembre 2014 admin 0

Après « Marianne », chez les étudiants, et « Racine » chez les enseignants, Le Front National va lancer un nouveau « collectif » de citoyens, nommé « Audace ». Il regroupera des jeunes actifs de 25 à 35 ans, recrutés dans tous les milieux sociaux.

En 2015, des collectifs thématiques sur le logement et le social devraient également voir le jour.

L’idée est, d’une part, de se rapprocher des électeurs, notamment de catégories professionnelles qui étaient jusque là traditionnellement éloignées du FN (mais qui ne le sont plus), et, d’autre part, de récolter des idées, des propositions, des réflexions, loin des experts habituels et notamment des think tanks. Le Front National n’a jamais réussi à créer de think tank, et du reste n’a eu de cesse de fustiger – non sans contradiction – ces « corporatismes d’intellectuels parisiens », soumis aux « intérêts des puissants ».

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Les « anti-gender » ou le refus de l’égalité hommes-femmes

1 septembre 2014 admin 0

La droite et l’extrême droite françaises, les « anti-gender », ont inventé la « théorie du genre » qui, telle le roi des Aulnes de Goethe, enlèverait ou pervertirait sexuellement les enfants. Ce mythe, qui conduit à confondre genre, sexe, transgenre, homosexualité et pornographie, est né, chez certains, d’une méconnaissance inouïe des concepts et, chez tous, d’un mépris à peine masqué pour les sciences sociales et les chercheurs. Ce mythe serait risible s’il n’était pas un alibi pour déverser les pires diatribes sexistes (et homophobes), au nom d’une biologie sacralisée, sacrée, mystifiée, au nom d’une inégalité éternelle des hommes et des femmes sous prétexte de différence « naturelle ». Ces mêmes arguments ont d’ailleurs longtemps été utilisés pour justifier le racisme et l’esclavage.

Car si la « théorie du genre » est une invention, il existe bel et bien des études de genre qui démontrent la dimension politique, ainsi que la construction sociale des rapports entre les hommes et les femmes.

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Intervention sur BFM TV à propos des Le Pen et du FN

10 juin 2014 admin 0

IMG_0938J’étais l’invitée de Nathalie Lévy pour évoquer les conséquences politique, pour le Front National, des propos de Jean-Marie Le Pen sur Patrick Bruel. Au-delà du fait que ces propos sont très graves et que le Président d’honneur du FN a déjà été condamné 9 fois pour des paroles de ce type, la question était de savoir le tort qu’ils pourraient faire à Marine Le Pen.

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Le signal d’un trouble civilisationnel et d’une crise démocratique (à propos du FN)

29 mai 2014 admin 0

Généralement, le vote FN est associé à des raisons économiques : il suffirait de réduire le taux de chômage, d’augmenter le pouvoir d’achat des Français pour que, mécaniquement, le vote FN disparaisse. Bien sûr, la question économique est centrale, et d’ailleurs le FN lui-même élabore un discours (autour du protectionnisme économique notamment) censé répondre à cette dimension du mécontentement. Mais peut-on pour autant considérer que, comme beaucoup l’avancent, une fois la situation économique sous contrôle, le discours frontiste ne ferait plus recette ?

BFM

Interview sur BFM TV

28 mai 2014 admin 0

Analyse de la conférence de presse de Marine Le Pen, dans la perspective de la constitution d’un groupe politique d’extrême droite au Parlement européen : quelles sont les conditions pour constituer ce groupe ? Avec qui souhaite-t-elle ou ne souhaite-t-elle pas s’allier ? Quels sont ses atouts et ses faiblesses ? L’image d’antisémitisme du FN perdure-t-elle ? Quelles conséquences la constitution d’un groupe politique au Parlement européen dirigé par Marine Le Pen aurait-elle ? Quels sont les sujets d’accord et de discorde entre les différents partis d’extrême droite européens ? Qui sont ses rivaux ?

sud radio

Interview sur Sud Radio

26 mai 2014 admin 0

Analyse des résultats du Front National lors des élections européennes du 25 mai 2014 : comment expliquer ce vote ? Qui a voté FN ? Pourquoi les jeunes votent-ils majoritairement FN ? Quel euroscepticisme incarne le FN ? Quelles sont les conséquences politiques de ce vote au Parlement européen ? Marine Le Pen va-t-elle réussir à constituer un groupe politique à Bruxelles ?