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Intervention en plateau de France Info sur Trump et le climat, le 1/06/17

18 juin 2017 admin 0

Le 1er juin 2017, j’étais invitée sur le plateau de France Info pour commenter la décision du Président Trump de sortir les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat.

Sortie des États-Unis de l’Accord sur le climat : « Les gens comme Trump vivent en 1950 »

Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi son intention de faire sortir les États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat. Pour Marie-Cécile Naves, sociologue chercheuse à l’IRIS, Donald Trump prend cette décision pour des raisons de stratégie de politique intérieure.

Peut-on dire que Donald Trump était dans une posture de l’Amérique contre le reste du monde ?

Marie-Cécile Naves : Oui, il s’est fait élire sur une posture, une idéologie « seul contre tous ». Là, il revient d’un long voyage qui ne s’est pas très bien passé en Europe pour lui, comme on pouvait s’y attendre. Donc il veut revenir à cette idée « je suis seul contre tous, il y a un complot contre moi, je vais faire absolument de l’anti-Obama ». On s’y attendait, on avait des signaux importants avec la remise en cause du Clean Power Plan de 2015 d’Obama, avec la relance de la construction de l’oléoduc, avec la baisse dans le budget fédéral de l’aide au développement international.

Pour moi, c’est une politique très autoritariste, très viriliste, « je tape du poing sur la table » en raisonnant à court terme.

Les gens comme Trump vivent en 1950, ils ne comprennent pas le monde dans lequel on est aujourd’hui, ils ne voient pas les enjeux à long terme, y compris économiques. Le monde économique, le monde bancaire, a très bien compris les enjeux en terme économique et financier sur le long terme sur l’emploi.

Donald Trump s’est-il adressé d’abord aux gens qui lui avaient permis de gagner les élections ?

Il a envoyé des messages aux habitants de la Pennsylvanie, du Michigan, qui ont effectivement fait basculer l’élection en sa faveur. Mais plus que jamais, l’Amérique est profondément divisée. Non seulement entre les électeurs de Donald Trump et ceux qui n’ont pas voté pour lui, mais il va avoir aussi contre lui une très grande partie du monde économique, probablement plusieurs États fédérés (New-York, Californie), qui ont dit qu’ils allaient continuer à s’engager en faveur du climat.

Il est à la tête d’un pays qui va être profondément clivé, avec une forte opposition contre lui, et un isolement croissant sur la scène internationale.

A-t-on assisté à la rupture la plus forte et la plus symbolique par rapport à la présidence Obama ?

Oui, sans doute jusqu’ici, mais ça ne fait que cinq mois qu’il est au pouvoir. Et c’est très volontaire de sa part. Pendant les huit années de son mandat, Obama a été qualifié par l’opposition républicaine de président faible, qui négocie trop, qui ne met pas assez en avant les intérêts de l’Amérique, et qui n’est pas assez autoritaire. Trump s’inscrit en porte-à-faux par rapport à ça. Peu importe l’intérêt général des États-Unis, et d’ailleurs lui-même n’a pas forcément de convictions climato-sceptiques. Il est confronté au changement climatique avec ses propriétés notamment en Floride avec la montée des eaux, il le sait très bien. Mais il prend cette décision pour des raisons de stratégie de politique intérieure, pour se mettre dans la poche les ultraconservateurs à très court terme, et une partie de l’électorat dans l’industrie du charbon.

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Invitée en plateau de BFM TV sur la rencontre Macron-Trump, le 25/05/17

27 mai 2017 admin 0

Le 25 mai 2017, j’étais invitée sur le plateau de Thomas Misrachi, sur BFM TV, pour commenter la première rencontre entre Emmanuel Macron et Donald Trump, à l’occasion de la réunion de l’OTAN à Bruxelles.

Quels sont les points communs, et surtout les différences entre les deux hommes ? Quels sont les principaux enjaux de cette rencontre (terrorisme, économie, climat, immigration, leadership, etc.) ?

Le Président Macron s’est dit plusieurs fois sur une ligne gaullo-mitterrandienne en politique étrangère, et non pas sur une ligne atlantiste. Cela signifie qu’il souhaite porter la voix de la France dans le monde et ne pas s’aligner a priori sur les positions des Etats-Unis.

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Invitée de « On va plus loin » sur Public Sénat, le 24/05/17

27 mai 2017 admin 0

Le 24 mai 2017, j’étais invitée dans l’émission « On va plus loin » sur Public Sénat », présentée par Sonia Mabrouk. Le sujet était le voyage de Donald Trump au Moyen-Orient et en Europe, à la veille de son arrivée à Bruxelles pour une réunion de l’OTAN et à l’avant-veille d’une réunion du G7 en Sicile.

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Intervention en plateau sur France Info TV sur Trump et Israël, le 22/05/17

27 mai 2017 admin 0

Le président des Etats-Unis Donald Trump affirme pouvoir relancer le processus de paix israélo-palestinien. La crédibilité de sa déclaration pose question alors que tous ces prédécesseurs ont échoué. Marie-Cécile Naves souligne « la communication incantatoire » de Donald Trump : « Je vais faire, je sais faire, je suis le plus fort, je vais rompre avec l’ère Obama », voilà ce que promet le président des Etats-Unis selon la politologue.

Un Trump bien silencieux

A propos des frontières et de la colonisation des territoires palestiniens, Donald Trump « ne dit rien ». Sur la construction de deux Etats, l’un palestinien, l’autre israélien, le président reste également silencieux. « Il va falloir à un moment donné, pour construire un processus de paix, être dans le concret et discuter », explique Marie-Cécile Naves.

Mais le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou « est très heureux d’avoir tourné la page Obama », un sentiment favorable pour négocier un processus de paix, selon la politologue.

Alors quels sont les leviers dont dispose Donald Trump pour établir la paix ? Une diplomatie américaine « extrêmement performante » mais Donald Trump ne « s’entoure pas des gens les plus compétents », affirme-t-elle. Autour du président américain son gendre « qui est lié à la communauté juive mais qui ne connaît rien à la diplomatie ».

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Interview pour France Info sur le voyage de Trump au Moyen-Orient, le 21/05/17

27 mai 2017 admin 0

Donald Trump à Riyad : « Un discours qui manquait de complexité, à l’image du personnage »

Marie-Cécile Naves est sociologue, chercheuse à l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques). Invitée de franceinfo, elle a décrypté le discours de Donald Trump en Arabie Saoudite dimanche 21 mai. Elle a évoqué des propos parfois « réducteurs », un « discours qui manquait de complexité. »

Peut-on parler d’un changement de ton entre le Donald Trump candidat à la présidentielle et le Donald Trump président américain ?

Oui et non. C’était un discours qui était très attendu et qui voulait rompre avec le discours du Caire d’Obama en 2009. Obama a été qualifié pendant ses deux mandats par les Républicains de président qui s’excuse, qui s’incline face à l’islam, l’islamisme et le terrorisme. Ce que dit Trump, c’est qu’il faut que tous les États du Moyen-Orient se prennent en main pour lutter contre le terrorisme. Les États-Unis pourront être leur allié, mais il n’est pas question qu’ils comptent sur les États-Unis pour tout faire. Mais ce qui est intéressant, c’est que les États-Unis ne chercheront pas à imposer leur mode de vie aux États du Moyen-Orient, ce qui signifie entre les lignes que Washington donne un chèque en blanc à tous les régimes de la région, y compris les régimes autoritaires, pour lutter contre Daech, même si ça passe par des mesures de répression contre le peuple. Il dit ça notamment à l’Arabie Saoudite, qu’il décrit comme un pays formidable.

« Dans son discours, il félicite tous ces pays du Moyen-Orient pour les choses qu’ils ont déjà mises en place, mais il fait des gros amalgames entre les démocraties, les monarchies, les régimes autocratiques ».

Pour moi c’est un discours assez ethnocentré, assez essentialiste, et qui peut faire peur d’une certaine manière : du moment que la lutte contre Daech est engagée, du moment qu’on lui signe un certain nombre de contrats commerciaux, il est prêt à fermer les yeux sur un certain nombre de choses. Il est prêt à dire aussi, pour faire plaisir à l’Arabie Saoudite et à certains de ses alliés, que l’Iran est le responsable du terrorisme, que l’Iran est le grand méchant de la région.

Donald Trump a dit que l’Iran finance, arme, entraîne des terroristes. Il appelle les pays du monde à isoler l’Iran au plan international. Ces propos sont-ils dangereux ?

C’est assez réducteur, et très généralisant, comme si le terrorisme islamiste venait d’une seule source et était aussi simple à analyser. Il balaie d’un revers de main les causes, les ressorts, les conditions d’entrée dans le terrorisme, la complexité diplomatique et idéologique de Daech et d’autres groupes terroristes. Comme si l’Arabie Saoudite n’avait elle-même pas à se remettre en question, ainsi que d’autres pays de la région. C’est comme s’il y avait un nouvel axe du mal, du « Georges Bush réchauffé » même si ce n’est pas du tout néoconservateur comme propos. Les choses sont évidemment beaucoup plus complexes. Cette division assez simpliste vient des conseillers qui ont écrit le discours et qui avaient peur que Trump ne dévie trop du discours. Il n’a dévié qu’à un seul moment, il a reconfondu islamisme et islamique.

« C’était un discours qui manquait de complexité et qui est à l’image du personnage. « Le bien/le mal », « j’ai gagné/j’ai perdu » : une vision du monde assez binaire ».

Par rapport à l’Iran, c’est un signe de défiance de plus. Il y a deux raisons à cela. La première, c’est qu’il veut rompre avec la diplomatie d’Obama et il a besoin de marqueurs forts. La deuxième raison, c’est qu’il a tout intérêt à avoir des bonnes relations commerciales et économiques avec l’Arabie Saoudite. D’ailleurs, dans son discours, il dit à plusieurs moments que la solution à la paix, c’est d’une part la sécurité, mais aussi la prospérité, et ça passe par la signature de contrats. Donc c’est assez simple dans la tête de Donald Trump.

Donald Trump doit se rendre en Israël, dans les Territoires palestiniens, au Vatican. Ce sont des zones très sensibles, où la moindre erreur peut se transformer en brouille diplomatique. Donald Trump prend-il des risques ?

Oui, l’establishment de Washington tremblera jusqu’à ce qu’il rentre aux États-Unis. Le moindre dérapage peut être craint, s’il décide de sortir du cadre des discours et des éléments de langage prévus. Mais en même temps, Israël est très content d’avoir Trump comme interlocuteur parce que les relations avec Obama étaient exécrables. Les Israéliens voient Trump comme un allié, beaucoup plus manipulable peut-être. D’autres points dans ce discours font le lien avec ce que l’on dit : l’injonction de Trump à la tolérance religieuse, j’ai trouvé que ça ne manquait pas de sel, par rapport à tout ce qu’il a pu dire pendant sa campagne, comme quoi l’islam détestait l’Amérique, que l’islam n’était qu’un problème. Il a aussi exhorté les pays du Moyen-Orient à gérer eux-mêmes le problème des réfugiés, en disant l’Amérique d’abord, ça ne nous regarde pas. Tout ceci est assez logique.

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Invitée de « C dans l’air » sur Trump, la Syrie et la Corée du Nord, le 11/04/17

17 avril 2017 admin 0

Le 11 avril 2017, j’étais invitée de l’émission « C dans l’air » sur France 5, présentée par Caroline Roux.

Un conflit peut-il éclater en Asie ? Deux jours après le bombardement sur une base syrienne, l’envoi, au large de la péninsule coréenne, du porte-avions USS Carl Vinson et de la flottille qui l’accompagne suscite l’inquiétude des pays de la région et de la communauté internationale.

Peu avant les célébrations de l’anniversaire de la naissance du fondateur de la République populaire démocratique de Corée, Kim Il-sung, le 15 avril 2017 – date qui donne généralement lieu à une démonstration de puissance militaire par la Corée du Nord –, le bras de fer se durcit entre Washington et Pyongyang. Et de chaque côté, c’est l’escalade verbale : pour les États-Unis, qui n’écartent pas l’option militaire, la présence au large de la péninsule du groupe aéronaval est une « mesure de précaution » compte tenu des « provocations de Pyongyang » et de « la menace nucléaire ». « La République populaire démocratique de Corée est prête à réagir, quel que soit le type de guerre voulu par les États-Unis. Nous prendrons les mesures de contre-attaque les plus fermes contre les provocateurs, afin de nous défendre par la voie des armes », a tonné de son côté la Corée du Nord, ce mardi 12 avril.

La tension est montée d’un cran ces dernières heures et les yeux se tournent désormais vers la Chine. Que va faire Pékin, à qui Washington avait demandé de résoudre le problème du programme nucléaire nord-coréen ? Le président américain a-t-il l’intention d’intervenir unilatéralement, comme il l’a déjà menacé depuis son arrivée à la Maison-Blanche ? Où en est réellement le programme balistique nord-coréen ? Faut-il craindre un embrasement de la région ? Et quelle est donc la « doctrine Trump » de sécurité ?

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Invitée de la Matinale de France Info, le 11/04/17

17 avril 2017 admin 0

Le 11 avril 2017, j’étais invitée dans la Matinale de France Info, présentée par Fabienne Sintès, à propos des frappes américaines en Syrie et plus globalement sur la stratégie (ou l’absence de stratégie) de Trump au Moyen-Orient.

Relations entre Washington et Moscou : « C’est à qui baissera les yeux le premier »

Le dossier syrien est au menu des discussions mardi 11 avril à Lucques, en Italie, avec un sommet des ministres des Affaires étrangères du G7 où le secrétaire d’État américain Rex Tillerson sera en première ligne avant d’aller à Moscou. Il connaît bien la Russie : il s’y est souvent rendu dans le cadre de ses anciennes fonctions au sein du groupe pétrolier ExxonMobil. Mais l’atmosphère a changé entre les Russes et les Américains depuis la frappe américaine en Syrie. Selon Marie-Cécile Naves, sociologue, docteur en sciences politiques de l’université Paris-Dauphine et auteur de Trump, L’onde de choc populiste, il règne désormais un « froid glacial » entre Washington et Moscou.

Rex Tillerson se rend à Moscou. Le président russe Vladimir Poutine ne va pas le recevoir, comment l’analysez-vous ?

C’est un signe de froid glacial entre les deux. Rex Tillerson ne rencontrera que Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères. Poutine et Tillerson se connaissent bien. Poutine l’a décoré quand il était patron d’Exxon. Pendant la campagne électorale américaine, et au tout début de la présidence de Donald Trump, Rex Tillerson avait eu des mots sympathiques vis-à-vis de la Russie. On soupçonnait qu’il irait dans le sens de la levée des sanctions contre la Russie. Là, il a des mots presque plus durs que Trump. Il a parlé d’incompétence de la Russie dans la lutte contre les armes chimiques en Syrie. Il accuse également Moscou d’ingérence dans les campagnes électorales européennes, notamment française. Cela permet de faire diversion sur les très forts soupçons d’ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine.

Il y a eu des mots également sur la Crimée, sur l’Ukraine, sur les opposants arrêtés et emprisonnés après la manifestation du mois de mars en Russie. Y voyez-vous une part de théâtralisation ?

Oui, bien sûr. C’est à qui baissera les yeux le premier. Il y a tout de même des relents de Guerre froide et de l’intimidation. Là, ils vont être obligés de discuter, sur la question syrienne notamment. Si les Etats-Unis ont fait ce coup de force, la semaine dernière, il n’est pas question pour eux de perpétuer un unilatéralisme, à moins de revenir à l’idéologie néo-conservatrice dont on connaît les conséquences en termes de chaos au Moyen-Orient.

On a aussi l’impression que l’on ne dépasse pas la ligne rouge diplomatique. Si c’était si grave, la visite aurait été annulée, non ?

Ils sont obligés de discuter. L’unilatéralisme ne peut plus fonctionner dans le contexte actuel. Les jeux d’alliances sont beaucoup trop compliqués et changeants au Moyen-Orient. Il y a un autre partenaire dans cette histoire, l’Iran. On ne peut donc plus agir seul. Par ailleurs, ce qui est assez inquiétant aux Etats-Unis, c’est qu’on a l’impression que Donald Trump n’a pas de stratégie géopolitique en général et au Moyen-Orient en particulier. Avec lui, c’est le dernier qui a parlé qui a raison. Au départ, la ligne non-interventionniste, incarnée par Stephen Bannon et l' »America First », dominait. Ce dernier a été écarté du Conseil de sécurité nationale, sous l’influence des généraux dont Trump s’est entouré. On a donc aujourd’hui une ligne de force plus interventionniste mais modérée, qui prend le pas sur la ligne isolationniste. On ne sait pas ce qu’il y a dans la tête de Donald Trump, d’un jour, d’une semaine à l’autre. On a l’impression qu’il y a aussi des désaccords internes.

Comment Vladimir Poutine peut-il réagir, selon vous ?

L’intérêt de Poutine n’est pas d’aller vers une escalade militaire. Les jours qui viennent vont être très importants dans l’évolution du rapport de force entre Washington et Moscou. Vladimir Poutine a sans doute été déstabilisé. Le président russe a voulu Trump comme président. Mais il se rend compte que Trump ne peut pas être la marionnette qu’il avait peut-être imaginée, que c’est quelqu’un d’imprévisible, y compris pour lui. Ce qui est stupéfiant, c’est le coup de force de Trump. Il apparaît comme la tête de pont du monde libre, y compris dans la presse française. Je suis frappée de voir qu’il a trouvé une aura alors qu’en réalité on ne sait rien de ses intentions. C’est un coup tactique très fort de sa part.