Capture d’écran 2017-02-25 à 08.59.17

CONFERENCE. « Sport et femmes », à l’ORSE, le 8/03/17

25 février 2017 admin 0

Le 8 mars 2017, de 8h30 à 10h, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, je participerai à un petit-déjeuner-débat à l’Observatoire de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (ORSE) pour évoquer la question de la place des femmes dans le sport (pratiques, médiatisation, gouvernance) et des parallèles que l’on peut faire avec le monde de l’entreprise.

« Paroles de femmes ! Du monde du sport au monde de l’entreprise »

Les autres participantes seront Emmanuelle Assmann, chargée de communication chez EDF, Présidente du Comité Paralympique et Sportif Français et médaillée de bronze en escrime aux Jeux Paralympiques d’Athènes en 2004, et Nathalie Dechy, co-directrice de l’Engie Open de Biarritz, ancienne joueuse de tennis professionnelle, membre du comité de pilotage de Roland-Garros, membre du Conseil d’Administration du Think tank Sport et Citoyenneté.

En partenariat avec le think tank Sport et Citoyenneté.

Lieu : ORSE – 25 rue du Charolais – 75012 Paris

Inscriptions sur invitation : lydie.recorbet@orse.org

capture-decran-2016-12-03-a-10-17-32

CONFERENCE sur le genre et les inégalités F/H, à l’IGPDE (ministère de l’Economie et des Finances)

3 décembre 2016 admin 0

A l’invitation de l’Institut de la Gestion Publique et du Développement économique (IGPDE), qui est l’opérateur de formation permanente du ministère de l’Économie et des Finances, j’ai participé à une conférence sur les inégalités entre les femmes et les hommes, le 29 novembre 2016.

Le titre de ma communication était : « D’où viennent les inégalités entre les femmes et les hommes ». En voici les grandes lignes.

Les inégalités entre les femmes et les hommes sont difficiles à combattre :

En effet, on touche à l’intime, à la vie privée des gens ; or la vie privée est politique. Ces inégalités procèdent de mécanismes de pensée et d’habitudes largement involontaires, inconscientes. De plus, on a l’impression que tout est réglé, que c’est une question qui concerne les anciennes générations.

Plusieurs lois récentes ont réaffirmé et amplifié l’impératif d’égalité. Citons la loi du 6 août 2012 relative au délit de harcèlement sexuel, la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, et la loi du 13 avril 2016 visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel. Pourquoi a-t-il fallu des lois garantissant une égalité effective entre les femmes et les hommes ?

Parce que, dans l’histoire de la République, dans les vies quotidiennes, au travail comme dans le sphère domestiques : le masculin est universel, le féminin représente la différence, la marge. Cela se vérifie encore largement dans les discours, les représentations, l’iconographie. Par exemple, pour les sportifs, on dit « l’équipe de France », mais pour les sportives, « l’équipe de France féminine ». On parle aussi, en sociologie, de masculin neutre.

C’est là qu’il faut différencier « sexe » (biologique) et « genre » (construction sociale du masculin et du féminin) :

Un enjeu, quand on parle des inégalités femmes-hommes, c’est le poids des stéréotypes, qui enferment les individus dans un cadre de référence donné, admis et habituellement véhiculé. Il s’agit de croyances, de préjugés, de clichés qui occasionnent une généralisation touchant un groupe de personnes (ici, les femmes) et les différenciant d’un autre (les hommes). Les stéréotypes résistent à l’information nouvelle. Plutôt que de saisir l’individu dans toute sa complexité, on lui applique un calque relié aux circuits cognitifs et émotionnels existants.

Les stéréotypes sont des construits historiques, politiques, les stéréotypes sont par ailleurs relayés par de nombreux médias (au sens large du terme) : dictons populaires, humour, symboles, langage, et un biais qui paraît particulièrement évident qui est la publicité.

En tout état de cause, les stéréotypes de genre véhiculent et reproduisent, en les renforçant, des normes sociales induites et fortement inégalitaires entre les hommes et les femmes. Et toute catégorisation implique une hiérarchisation (Françoise Héritier).

Aux femmes, le monde domestique, le foyer, la sphère intérieure ou privée, le soin du conjoint et des enfants, ou bien les caractéristiques de la séductrice, de l’objet sexuel, voire de l’objet tout court. La discrétion, la douceur. Les hommes sont pour leur part associés au monde extérieur, à la liberté, à l’aventure, à l’argent, au travail, à l’autorité, à la force (physique et mentale). Le problème est le côté systématique et cumulatif de l’iconographie et des discours (et donc des pratiques) Pour la prise d’exemple, le formatage des mentalités, c’est un problème, notamment pour les enfants.

Les stéréotypes créent des inégalités, je le disais, pour un grand nombre d’activités humaines. Dès l’enfance se construit l’idée qu’il y a des mondes d’hommes et des mondes de femmes. Ainsi, le marketing pour enfants est de plus en plus genré, et même sexualisé (pour les filles). Les stéréotypes de genre existent dans la plupart des sphères de socialisation et de vie.

Ainsi, l’ensemble des champs des politiques publiques sont concernés et, à terme, tout le monde a à y gagner, même si le coût existe à court terme.

images

CHRONIQUE. Grand Prix de la BD d’Angoulême, symbole de la résistance à la féminisation de la culture

6 janvier 2016 admin 0

Devant l’indignation générale, le festival d’Angoulême vient d’annoncer qu’il revoyait sa sélection pour le grand prix afin d’y inclure des femmes. Initialement, en effet, cette liste comprenait 30 auteurs exclusivement masculins. Ce choix relevait-il d’une discrimination délibérée ou d’un malencontreux oubli qu’il existe des dessinatrices de qualité ? Finalement peu importe car le message était celui-ci : aux yeux du festival, il n’existe aucune auteure de BD, dans aucun pays du monde, méritant de recevoir le grand prix pour l’ensemble de sa carrière.

L’absence de femme sur cette liste – il n’y en avait deux en 2014 et seules deux ont été primées en 43 ans ! – ne choquait pas les responsables. C’est révélateur de l’impunité d’une domination masculine qui affiche sa résistance au changement, au partage du pouvoir, des scènes, des honneurs et des ventes d’albums. Il importe en effet que les réseaux et les stars de la BD restent masculins. Alors que le festival d’Angoulême fait l’effort de la diversité, de l’ouverture aux auteurs étrangers et aux petits éditeurs, dans un volontarisme affiché et revendiqué de mixité sociale, les femmes sont cantonnées à la marge.

Ce patriarcat est montré du doigt par de nombreuses dessinatrices, mais il est aussi dénoncé par des dessinateurs. Plusieurs auteurs de renom (Riad Sattouf, Joann Sfar, Daniel Clowes, etc.) se sont ainsi désolidarisés du grand prix alors qu’ils figuraient sur la liste des 30. Joann Sfar est allé jusqu’à publier une tribune sur le Huffington Post pour dire son effarement devant ce choix d’un jury « anachronique » et pour qualifier le festival d’Angoulême de manifestation « quasi féodale ». Il écrit ainsi : « je ne veux simplement pas participer à une cérémonie qui est à ce point déconnectée des réalités des bandes dessinées actuelles. Trente noms sans aucune femme, c’est une gifle à celles qui consacrent leur vie, à créer, ou à aimer les bandes dessinées ».

Le délégué général du festival, Franck Bondoux, ne comprend pas. Il a avancé que s’il n’y avait pas de femme dans la liste des 30 sélectionnés, c’est parce qu’aucune n’a réussi de carrière méritante : « il y a malheureusement peu de femmes dans l’histoire de la bande dessinée », prétendait-il. Dans l’histoire ou dans l’histoire médiatisée ? Et il osait la comparaison avec le Musée du Louvre où les hommes dominent parmi les peintres. Ces propos stupéfiants témoignent d’une méconnaissance totale de la dimension genrée de la culture à travers l’histoire : les femmes sont souvent absentes des musées précisément parce qu’on leur a longtemps interdit d’accéder aux écoles de peinture et d’exposer, bref d’investir l’espace public de l’art. Il en a été de même pour les écrivaines et les compositrices. (…)

CSQ7DRnW0AAH5DK

Invitée par BFM Business sur le livre « Talents gâchés », le 26 octobre 2015

27 octobre 2015 admin 0

Le 26 octobre 2015, j’étais l’invitée de « 18h l’Heure H », sur BFM Business, une émission présentée par Dorothée Balsan et Guillaume Paul.

Il s’agissait de présenter l’ouvrage « Talents gâchés », que j’ai co-écrit avec Virginie Martin, qui est publié aux éditions de l’Aube.

Les discriminations liées à l’origine coûtent cher à la société et à l’économie françaises. Le calcul que nous faisons est que 10 milliards d’euros manquent à gagner chaque année car l’État investit et forme une jeunesse qui souffre de discriminations et qui, faute d’embauche, ou faute de recrutement à son niveau de compétences, ne contribue pas, ensuite, à produire la richesse nationale.

Il faut donc inventer de nouvelles perspectives pour cette jeunesse dite « de banlieue », dont les talents sont gâchés par un pays qui ne la reconnaît pas à sa juste valeur.

(Livre co-écrit grâce au soutien du Think tank different et de l’ACSE-CGET)

Il s’agissait de présenter l’ouvrage « Talents gâchés », que j’ai co-écrit avec Virginie Martin, qui est publié aux éditions de l’Aube.

Les discriminations liées à l’origine coûtent cher à la société et à l’économie françaises. Le calcul que nous faisons est que 10 milliards d’euros manquent à gagner chaque année car l’État investit et forme une jeunesse dite « de banlieue », qui souffre de discriminations et qui, faute d’embauche, ou faute de recrutement à son niveau de compétences, ne contribue pas, ensuite, à produire la richesse du pays.

Il faut donc inventer de nouvelles perspectives pour cette jeunesse dont les talents sont gâchés par un pays qui ne la reconnaît pas à sa juste valeur.

(Livre co-écrit grâce au soutien du Think tank different et de l’ACSE-CGET)

Capture d’écran 2015-10-11 à 21.20.04

Sortie le 20 octobre de « Talents gâchés » (Ed. de l’Aube)

11 octobre 2015 admin 0

Les discriminations liées à l’origine coûtent cher à la société et à l’économie françaises. Plusieurs milliards d’euros manquent à gagner chaque année car l’État investit et forme une jeunesse qui, faute d’embauche, ou faute de recrutement à son niveau de compétences, ne contribue pas, ensuite, à produire la richesse du pays.

Il faut donc inventer de nouvelles perspectives pour cette jeunesse dont les talents sont gâchés par un pays qui ne la reconnaît pas à sa juste valeur.

Pour tout renseignement sur l’ouvrage, contacter les Editions de l’Aube.

Unknown

Présentation sur les stéréotypes de genre à la Fédération Française de Handball

14 juin 2015 admin 0

Le 13 juin 2015, à l’invitation de la Fédération Française de Handball, dans le cadre de son plan de féminisation, j’ai fait une présentation sur les stéréotypes de genre, dans le sport et en général.
Les préjugés influent sur les discours qui sont eux-mêmes performatifs – autrement dit, ils ont des effets sur les pratiques. Les stéréotypes enferment les individus dans un cadre de référence donné, admis et largement véhiculé (homme/femme, Noir/Blanc, etc.). Ils occasionnent donc des généralisations qui créent des clivages souvent définitifs. L’appartenance à un groupe crée une catégorisation qui, à son tour, hiérarchise, classe, occasionne des inégalités et des discriminations.

Plutôt que de saisir l’individu dans toute sa complexité, les stéréotypes (qui sont très pratiques, très commodes) fonctionnent de manière très binaire sur des mécanismes d’inclusion/exclusion.

Construits historiques, politiques, les stéréotypes sont par ailleurs relayés par de nombreux médias (au sens large du terme) : dictons populaires, humour, symboles, publicité, marketing, communication politique, etc.

Les stéréotypes de genre emprisonnent les hommes et les femmes dans des rôles sociaux, à partir d’attentes en termes de traits de caractère et de comportements, censés être innés (douceur/force, docilité/violence, émotion/raison, espace public/espace privé). Et ce, dès le plus jeune âge.

Les coûts de transgression sont souvent élevés : par exemple, un homme ambitieux est bien considéré socialement, ce n’est pas vrai d’une femme.

Fortement ancrés dans les mentalités, les stéréotypes de genre passent inaperçus. Or ils véhiculent et reproduisent, en les renforçant, des normes sociales induites et inégalitaires entre les hommes et les femmes. Aux femmes, le monde domestique, le foyer, la sphère intérieure ou privée, le soin du conjoint et des enfants, et/ou les caractéristiques de la séductrice, de l’objet sexuel, voire de l’objet tout court. La plupart du temps, il n’y a pas de place pour autre chose. Les hommes sont pour leur part associés au monde extérieur, à la liberté, à l’aventure, à l’argent, au travail, à l’autorité, à la force (physique et mentale), etc.

J’ai abordé le domaine du marketing genré (notamment le marketing sportif), du marketing pour enfants (lui-même ultra genré), la publicité, à partir d’une analyse iconographique (photos, affiches, etc.). Par exemple, la sportive n’est légitime que dans une mise en image glamourisée, hypersexualisée, voire réifiée (i.e. traitée en objet).

Néanmoins, l’engagement d’un nombre croissant de fédérations sportives pour lutter contre les stéréotypes de genre indique qu’une prise de conscience existe car les inégalités et les discriminations non seulement sont condamnables en soi, mais reviennent à gâcher les talents (en termes de pratiques comme de gouvernance sportives).

Merci à Béatrice Barbusse pour son invitation.

womenology

Interview pour « Womenology » et « AuFéminin.com » sur les femmes politiques en France et aux Etats-Unis

2 juin 2015 admin 0

J’ai été interviewée par Marion Braizaz pour Womenology, le lab marketing/sociologie d’AuFeminin.com, à propos d’une enquête sur la place des femmes et du sexisme en politique, en France et aux Etats-Unis.

Rencontre avec Marie-Cécile Naves, sociologue, politologue, elle vient de publier en 2015 un nouvel ouvrage intitulé Le nouveau visage des droites américaines.

Quel regard portez-vous sur les mises en scène médiatiques des femmes politiques en France ?

Les femmes politiques restent vues avant tout comme des femmes, et rarement comme des personnels politiques au même titre que les hommes. Eux sont l’universel, elles sont la marge, la différence. C’est le lot de toutes les femmes qui aspirent à exister dans l’espace public : ce dernier demeure masculin et les femmes sont encore vues comme des intruses, elles entrent par effraction, leur légitimité est loin d’être acquise. Cela se manifeste par des remarques très genrées sur leur physique, leur apparence, leur sexualité, leur caractère prétendument « naturel » (douceur, candeur). Si elles sont pugnaces, on le leur reproche aussi, bref les femmes ont toujours tort.

Peut-on constater des évolutions ? L’écart entre discours égalitaires et pratiques empruntes de machisme diminue-t-il ?

Du côté des hommes politiques, cela évolue peu, voire il y a des crispations chez ceux qu’on appelle aux Etats-Unis les « Old White Males » : le patriarcat blanc a encore de beaux jours devant lui. La persistance du harcèlement sexuel au Parlement vis-à-vis des assistantes parlementaires, les commentaires déplacés à connotation sexuelle sur les collègues ou les journalistes en témoignent (femme dans l’espace publique=femme publique). Le très faible nombre de femmes élues ou, dans le cas des conseils départementaux, qui parviennent à des postes à responsabilité démontre que le pouvoir est aux mains des hommes et qu’ils comptent le garder. Les hommes se sentent menacés par les femmes, il faudrait les plaindre, mais jamais on ne demande aux femmes si elles se sentent menacées par les hommes, bien qu’il y ait clairement une confiscation du pouvoir. En écartant les femmes, c’est aussi de talents que le monde politique se prive.

Quelles sont les « tactiques » de résistances mises en œuvre par les femmes politiques ? Comment vivent-elles les critiques dont elles sont victimes ?

Heureusement, les femmes politiques vivent de plus en plus mal les remarques sexistes, c’est une violence symbolique forte. Les choses changent un peu dans le sens où les comportements machistes sont de plus en plus dénoncés, en premier lieu par les femmes elles-mêmes qui n’intériorisent plus comme avant l’infériorité sociale qu’on leur renvoie sans cesse. Les réseaux sociaux ont beaucoup aidé. La tribune dans « Libération » des journalistes féminines en est un autre indicateur. Pour autant, les médias laissent encore peu la place aux femmes, sur les plateaux de TV et de radio, et on leur pose toujours des questions sur leur tenue vestimentaire et leur vie privée, les renvoyant à l’espace domestique.

Aux E-U, quelles sont les particularités des représentations sociales sur les femmes politiques ? Sont-elles différentes de celles ayant cours en France ?

C’est la même chose. Il y a seulement 19% de femmes à la Chambre de représentants et 20% au Sénat. Ce ne sera probablement pas une femme qui sera choisie lors des primaires républicaines, je suis curieuse de voir si le colistier sera une colistière (candidature à la vice-présidence des Etats-Unis). La glorification de la femme au foyer et le combat contre le droit des femmes à disposer de leur corps n’arrangent rien, du côté du parti républicain.

Selon vous, quels sont les différences/points communs entre les femmes politiques Américaines et Françaises ?

Je ne vois pas de différence majeure, les stéréotypes de genre et leurs conséquences fonctionnent dans les deux cas.

Quels sont les leviers pour faire progresser l’égalité dans le monde politique ?

La discrimination positive est un bon levier, elle permet de changer les pratiques. Ainsi, la parité a été utile mais elle n’est pas suffisante : il faut aller plus loin dans l’accès aux responsabilités et ne plus cantonner les femmes aux secteurs où on les pense compétentes « par nature » (famille, affaires sociales…). Les cabinets ministériels devraient, à mon sens, être obligatoirement paritaire (c’est très loin d’être le cas). Ce n’est pas le vivier qui manque. Par ailleurs, l’égalité hommes-femmes est une cause globale, il faut jouer sur tous les tableaux : il est primordial de lutter contre les stéréotypes de genre et leurs conséquences dans tous les domaines et cela commence par la petite enfance et l’école. Il importe aussi de refuser le sexisme ambiant (dans la publicité, par exemple), qui est beaucoup plus toléré que le racisme, et prendre des mesures très volontaristes dans le monde du travail. Ce dernier est profondément segmenté entre hommes et femmes (à peine 16% des métiers sont mixtes), les femmes sont moins payées même à diplôme et poste égal, elles subissent le plafond de verre et c’est encore elles qui s’occupent très majoritairement des tâches domestiques et parentales (cf. études de l’OCDE et plus récemment du CREDOC). Il y a de la discrimination à l’embauche et dans les processus de promotion à cause de ça. Pire : les femmes l’intériorisent et l’acceptent ! Les entreprises ont cependant beaucoup à perdre en se privant des talents d’une partie de la population, à cause des préjugés. La performance économique d’une organisation, mais aussi d’n pays tout entier (et il en va de même du monde politique) dépend étroitement de sa capacité à valoriser les compétences là où elles sont. Tant que les femmes demeureront, dans les représentations dominantes, des êtres inférieurs, qu’on ne prend pas au sérieux, qu’on confine à des rôles traditionnels (maternité, beauté), on se privera de richesses. En la matière, le monde politique doit montrer l’exemple, à tous les niveaux.

Aux Etats-Unis, la candidature d’Hillary Clinton ne peut-elle faire bouger les lignes ? Quant au parti républicain, n’a-t-il pas tenté de mettre des femmes politiques sur le devant de la scène en 2008 et en 2012 ? On pense à Sarah Palin ou Michelle Bachmann ?

En effet, plusieurs candidates ont été propulsées dans la lumière. Hillary Clinton a une parole très féministe, mais rien ne dit qu’elle remportera la primaire démocrate, encore moins l’élection présidentielle de 2016. Chez les Républicains, il y a en effet eu, ces dernière années, y compris aux élections de mi-mandat novembre 2014, un nombre important de candidatures féminines. Néanmoins, elles étaient là pour porter une parole conservatrice, anti-féministe très forte (et cela passe mieux si ce sont des femmes qui l’incarnent, donc c’est une stratégie un peu cynique). Ainsi, Joni Ernst, vétérane d’Irak et candidate élue au Sénat dans l’Iowa, qui se vantait « d’avoir castré des porcs dans sa jeunesse », s’est, pour l’emporter, efforcée de séduire l’électorat blanc masculin et peu diplômé (l’électorat républicain traditionnel). En 2008, Sarah Palin était surnommée le « pitbull avec du rouge à lèvres ». Peu au fait des codes politiques, elle s’est décrédibilisée pour ses propos sur la politique étrangère ou la loi Obama sur la Santé. En novembre 2014, il y avait deux fois plus de candidates démocrates que républicaines pour ces élections au Congrès, et les Démocrates ont défendu, quoique souvent timidement, la cause des femmes (ainsi l’accès à l’avortement demeure un sujet tabou), mais beaucoup, comme en France, n’étaient pas en position éligible. Les Républicains refusent toujours de voter une loi fédérale garantissant l’égalité salariale entre hommes et femmes.

image2

Participation au colloque « Le genre dans l’enseignement ou comment combattre les stéréotypes ? », Bruxelles, 1er avril 2015

30 mars 2015 admin 0

Je participe, le 1er avril prochain, au colloque organisé par le Département Instruction publique de la Ville de Bruxelles, en partenariat avec l’équipe de la Catégorie pédagogique de la Haute Ecole Francisco Ferrer. Il a pour objectif de réunir des spécialistes de la question de l’égalité homme/femme – garçon/fille dans le domaine de l’enseignement, ceci afin de leur (re)donner l’occasion de dialoguer et de débattre autour d’un thème commun et fédérateurà la conférence organisée par la ville de Bruxelles et consacrée au genre dans l’enseignement et au combat contre les stéréotypes.

Pour ma part, je ferai une communication intitulée « Lutter contre les stéréotypes de genre dans la pratique sportive des enfants et des adolescents : entre universalisme et ciblage des politiques publiques », en me centrant sur le cas français et des bonnes pratiques étrangères.