Quel impact du rapport Mueller sur la présidence Trump ?

Interview pour Radio Télévision Suisse, le 25/03/19

Les conclusions du rapport du procureur spécial Mueller, ou en tout cas les quatre pages de résumé qu’en a faites le ministre de la Justice, William Barr, signent la plus grande victoire de Trump depuis les élections de novembre 2016. Or c’était la plus forte menace sur sa présidence. Le spectre d’une procédure d’impeachment s’éloigne.

C’est un coup sévère pour les démocrates, et ce, même si le rapport Mueller ne disculpe pas Trump sur l’éventualité en particulier d’une obstruction à la justice (on se rappelle qu’il a limogé le directeur du FBI, James Comey). Il semble que Mueller en réalité dise qu’il n’a pas de preuve et le clan Trump en déduit que le président est blanchi, ce qui n’est pas le cas.

Sans doute les démocrates à la Chambre des représentants vont-ils se saisir de ce rapport pour nourrir leur propres enquêtes sur l’éventuelle collusion de l’équipe de campagne de Trump, en 2016, avec la Russie (dont, et ça, c’est avéré, on sait qu’elle a interféré dans la campagne en cherchant à favoriser Trump plutôt que Clinton : plus de 20 ressortissants russes ont été inculpés), mais, d’une part, cela prendra des mois et, d’autre part, le temps politique et judiciaire est long alors que le temps médiatique, le temps de la com’ est immédiat et c’est là que réside la force de Trump.

Dans sa stratégie de communication, Trump a déjà commencé à exagérer les conclusions de son ministre en disant qu’il est complètement blanchi (ce qui est faux) et en jouant la carte de la victimisation, du « je suis seul contre tous, c’est bien la preuve que j’ai raison », les démocrates sont aigris d’avoir perdu en 2016 et ce sont eux les menteurs. Bref la stratégie populiste.

Donc de leur côté, les démocrates peuvent soit choisir de miser sur les suites de l’enquête pour discréditer Trump (sachant qu’ils enquêtent aussi sur sa situation fiscale, sur des possibles conflits d’intérêts de l’entreprise Trump, etc.), soit se concentrer sur l’agenda politique, sur le fond de leur programme pour les présidentielles.

Trump est renforcé, la confiance est retrouvée, après un début d’année 2019 compliqué et un effritement de sa popularité.

L’interview peut être écoutée ci-dessous :