Journal de la campagne américaine #10 : Kenosha

Journal de campagne aux Etats-Unis #10, le 3.09.20

Le 10e numéro de mon journal de la campagne présidentielle américaine est consacré aux répercussions sur la campagne des événements à Kenosha, Wisconsin, et au fait que Trump et Biden, chacun à leur tout, accuse l’autre de mettre le pays à feu et à sang. Vidéo mise en ligne le 3 septembre 2020.

Joe Biden, le 31 août dernier, s’est exprimé de manière très dure, dans un discours, contre Donald Trump, le qualifiant de président toxique et promettant de « guérir » l’Amérique, de rendre le pays plus sûr. A la fois sur un plan sanitaire (Covid19), mais aussi en matière économique et de lien social.

L’Amérique n’est pas en proie à une guerre civile mais les tensions sont vives dans plusieurs grandes villes. Par exemple, un adolescent de 17 ans armé, partisan du président, accusé d’avoir tué deux personnes dans le Wisconsin.

« Donald Trump dit ‘Vous ne serez pas en sécurité dans l’Amérique de Joe Biden’. Mais les vidéos que l’on voit aujourd’hui sont enregistrées dans l’Amérique de Donald Trump »

Le 1er août, en visite à Kenosha, le président-candidat lui a répondu en réitérant ses mises en garde selon lesquels, si les démocrates arrivent à la maison blanche, le pays sera à feu et à sang. Pour Trump, les manifestants anti-racistes sont des terroristes intérieurs, des ennemis de l’Amérique. Il n’a pas eu un mot pour les victimes des violences policières. Pas de visite à la famille de Jacob Blake (il n’aurait pas été le bienvenu). Tout, en images et en mots, était en faveur de l’ordre de la police, « étouffée » par les contraintes et les accusations. Il a dit être venu remercier la police. A propos des bavures policières, il les a assimilées à un coup de golf raté : « Ils ont manqué un putt ! »

Depuis le 11 septembre 2011, les policiers sont surarmés aux États-Unis. Le pays s’est quasiment militarisé. Cela participe de la brutalisation du corps social.

Joe Biden est passé, sans cette campagne, à la vitesse supérieure, en reprenant les visites dans les États pivots qui font et défont les élections américaines. Il promet d’apporter la paix, la bienveillance, la solidarité après 4 ans de Trump.

De son côté, Trump est dans une stratégie du plébiscite. Certes il a réussi à unir le parti derrière lui. Certes, il se décrit comme le gardien de l’American way of life, de la civilisation occidentale. Mais c’est au prix d’une surenchère sur la sécurité et l’obsession de l’identité. Et les États-Unis de 2020 ne sont plus les années 1950.

Les deux candidats se répondent mais quel est leur programme ?